Un Cinéma Italien Florissant 1960-1980

Mariage à l'italienne
Mariage à l'italienne de Vittorio De Sica (1964)

Les Années 1960

I. Contexte

Dès 1958, le dit "miracle économique" commence. Cela implique une augmentation de la production de films. L'on note ainsi plus de 200 films produits par an ! Implicitement, qui dit importante production dit diversité des films produits. Ainsi, l'on constate un équilibre certain entre le cinéma d'auteur et le cinéma de genre. La fréquentation en hausse des salles est un signe révélateur de la bonne économie des ces années-là.

II. Caractéristiques Cinématographiques

La principale caractéristique de cette période c'est le fait que plusieurs générations de réalisateurs cohabitent :

  • La génération qui a débuté dans les années 1940 avec Roberto Rossellini, Vittorio De Sica, et Luchino Visconti
  • La génération qui a débuté dans les années 1950 avec Federico Fellini, Michelangelo Antonioni, Valerio Zurlini
  • La génération qui débute dans les années 1960

L'on notera aussi l'abondance des films de genre dans les années 1960.

III. Les Auteurs des Années 1960

A. L'Ancienne génération :

Roberto Rossellini Roberto Rossellini

Même si le réalisateur a commencé sa carrière dans les années 1940, il signe de grands films qu'il faut mentionner. Rossellini s'intéresse à la guerre dans Le général Della Rovere (1959) et dans Les évadés de la nuit (1960). Il signe également quelques films historiques comme Viva l'Italia et Vanina vanini en 1961. Il se tourne ensuite vers la télévision pour laquelle il va réaliser de nombreux films.

Vittorio De Sica Vittorio De Sica

Il adapte en 1960 le roman de Moravia : La Ciociara. Il signe également Le jugement dernier en 1961, Il boom en 1963, Mariage à l'italienne en 1964 et Le Jardin des Finzi Contini en 1970.

Giuseppe De Santis Giuseppe De Santis

Le réalisateur s'intéresse à l'engagement des troupes italiennes en Russie lors de la Seconde Guerre Mondiale dans La garçonnière réalisé en 1960. Il signe Italiani brava gente en 1964 (Marcher ou Mourir en français)

B. L'épanouissement de certains cinéastes :

Luchino Visconti Luchino Visconti

C'est dans les années 1960 que Luchino Visconti signe sans doute ses meilleurs films. Il réalise en 1960 Rocco et ses frères, un film assez proche du néoréalisme qui fait alors déjà partie du passé. Il signe aussi des oeuvres plus intimes comme Sandra en 1965. Il réalise également des fresques historiques comme Les Damnés en 1969 et Le Guépard en 1963. Le Guépard est sans aucun doute l'une de ses oeuvres les plus connues. Il s'agit d'une adaptation d'un roman du même nom tout aussi célèbre de Giuseppe Tomasi Di Lampedussa. Notons que l'adaptation de Visconti sort seulement 5 ans après la sortie du roman.

Rocco et ses frères
Rocco et ses frères

Le Guépard
Le Guépard

Michelangelo Antonioni Michelangelo Antonioni

Michelangelo Antonioni atteint aussi sa maturation dans les années 1960 en réalisant sa trilogie des sentiments composée de L'Avventura en 1960, La Nuit en 1961, et L'Eclipse en 1962. A partir de 1964, il décide d'adopter un nouveau point de vue et de voir le monde. Ainsi s'aventure dans la banlieue de Ravenne pour réaliser Désert Rouge en 1964, à Londres pour Blow up en 1967, en Amérique pour Zabriskie point en 1969. Il prolonge l'expérience dans les années 1970 en se rendant en Afrique et en Europe pour Profession : reporter en 1975 et enfin en Chine pour réaliser un documentaire Chung Kuo en 1973.

L'avventura
L'avventura

Blow up
Blow up

Désert rouge
Désert rouge

Federico Fellini Federico Fellini

Dans les années 1960, Fellini signe deux films majeurs italiens. Il représente la bourgeoisie romaine dépravée dans La Dolce Vita en 1960. Le film suscita de vives réactions de la part du Vatican. Trois ans plus tard, il signe Huit et demi, un film semi-autobiographique.

La Dolce Vita
La Dolce Vita

Huit et demi
Huit et demi

C. Un Nouveau venu

Pier Paolo Pasolini Pier Paolo Pasolini

Pier Paolo Pasolini signe son premier long métrage Accattone en 1961. Mais Pasolini exerce aussi son talent dans la littérature, le théâtre, et même le journalisme. Poète, et artiste polémique, Pasolini apporte un nouveau langage, observe les choses avec beaucoup de réalisme et dépeint souvent ses obsessions. Ainsi, il signe en 1962, Mamma Roma, avec une Anna Magnani plus formidable que d'habitude. En 1964, il réalise L'Evangile selon Saint Matthieu, Uccellacci e uccellini en 1966, Oedipe Roi en 1967, Théorème en 1968, Porcherie en 1969, et Médée en 1969. Il réalise aussi de nombreux courts métrages.

Mamma Roma
Mamma Roma

IV. Les Genres

Les années 1960 en Italie ont été propices à une abondance des films de genre.

A. Cinéma politique :

Le cinéma politique s'épanouit dans les années 1960 notamment avec des réalisateurs comme Francesco Rosi et Elio Petri. A travers leurs oeuvres, c'est un peu le néo-réalisme italien qui a si bien brillé qui perdure. Pourquoi le cinéma politique se développe t-il dans les années 1960 ? Il règne dans l'Italie des années 1960 de nombreux problèmes d'ordre politiques et sociaux. Le gouvernement est instable, la Démocratie Chrétienne est omniprésente, la régionalisation se développe, la série d'attentats commence en 1969, les Brigades Rouges poursuivent des actions, l'extrême droite tente de prendre le pouvoir, le pouvoir de la mafia est tel qu'il corrompt l'Etat.

Francesco Rosi Francesco Rosi

C'est Francesco Rosi qui montre pour la première fois la Camorra napolitaine à l'écran dans Le Défi en 1958. Salvatore Giuliano de 1961 traite des conditions de la mort du bandit sicilien du même nom. En 1963, il réalise Main basse sur la ville, film dans lequel il traite de la spéculation immobilière à Naples et de l'implication de certains politiciens dans ce genre d'affaire.

Elio Petri Elio Petri

Elio Petri s'intéresse aussi à la mafia dans A chacun son dû (1967). Il traite l'aliénation du pouvoir policier dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1969). L'on notera aussi L'assassin réalisé en 1961.

Ermanno Olmi Ermanno Olmi

Il réalise en 1961 L'Emploi (Il Posto) dans lequel il s'intéresse à l'Italie en cours de modernisation, ce qui aliène les Italiens.

Paolo et Vittorio Taviani Paolo et Vittorio Taviani

Les frères Taviani réalisent en 1962 leur premier film avec l'aide de Valentino Orsini : Un homme à brûler. Ils s'inspirent d'un fait divers racontant l'assassinat d'un syndicaliste sicilien par la mafia.

Bernardo Bertolucci Bernardo Bertolucci

En réalisant Prima della rivoluzione en 1964, Bernardo Bertolucci anticipe les problèmes idéologiques qui déchireront l'Italie. Le film raconte l'histoire d'un bourgeois communiste qui ne parvient pas à rompre avec son milieu social d'origine et qui n'arrive donc pas à faire sa révolution.

Prima della rivoluzione
Prima della rivoluzione

Marco Bellochio Marco Bellochio

En 1965, il réalise Les poings dans les poches dans lequel il démontre que la bourgeoisie est menacée au sein même de ses rangs. Il dénonce l'engagement révolutionnaire bourgeois dans La Chine est proche en 1967.

Marco Ferreri Marco Ferreri

Toujours accompagné de son scénariste espagnol Rafael Azcona, il s'attaque aux interdits moraux et religieux souvent en lien avec la sexualité : Le Lit conjugal (1963), Le mari de la femme à barbe (1964), Dillinger est mort (1969).

L'on notera aussi Lettre ouverte à un journal du soir (1969) de Francesco Maselli et La Mafia fait la loi (1968) de Damiano Damiani.

Gillo Pontecorvo Gillo Pontecorvo

Il s'intéresse à des conflits contemporains et signe Kapo en 1960 et La Bataille d'Alger en 1966.

B. La Comédie à l'italienne

Si la comédie à l'italienne des années 1960 a marqué c'est parce qu'elle a contribué à faire évoluer les moeurs et le mentalités. La comédie à l'italienne a certaines caractéristiques bien particulières. L'on note ainsi un ton plus cruel qu'auparavant, qui sonne un peu comme une mise en garde. La dérision, la satire et l'humour noir sont les meilleures armes de la comédie à l'italienne contre l'Etat, l'Eglise, certains types d'individus et les tabous qui empêchent tous la libéralisation des moeurs.

Divorce à l'italienne de Pietro Germi (1961) est le premier film auquel on a attribué l'appellation de comédie à l'italienne.

Divorce à l'italienne
Divorce à l'italienne

Les scénaristes ont joué un rôle essentiel dans le renouveau de ce genre : Agnerore Incroci, Furio Scarpelli, Rodolfo Sonego, Suso Cecchi D'Amico, Ennio De Concini, Alfredo Giannetti, Rugero Maccari, Ettore Scola, Alessandro Benvenuti, Piero De Bernardi, Bernardino Zapponi, Pasquale Festa Campanile, Massimo Franciosa, Luciano Vincenzoni.

Vittorio Gassman, Alberto Sordi, Ugo Tognazzi, Nino Manfredi et Marcello Mastroianni sont les acteurs représentatifs de ce genre.

Quelques films marquants : La Grande Pagaille (1960) de Luigi Comencini; Une vie difficile (1961), Les Monstres (1963) de Dino Risi; Ces Messieurs Dames (1966) de Pietro Germi, L'Armée de Brancaleone (1966) de Mario Monicelli.

L'Armée de Brancaleone
L'Armée de Brancaleone

C. Western spaghetti

Le western-spaghetti voit le jour en 1964 avec Pour une poignée de dollars de Sergio Leone. Son apparition enterre quelque peu le péplum. Mais le western-spaghetti n'est pas seulement une invention des années 1960, c'est aussi une véritable mode. Le genre ne dure pas très longtemps puisqu'il s'éteint dans le seconde moitié des années 1970.

Sergio Leone est l'inventeur et le maître du genre : Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965), Le Bon, La Brute et Le Truand (1966), Il était une fois dans l'ouest (1968), Il était une fois la révolution (1971).

trilogie des dollars
Pour une poignée de dollars; Et pour quelques dollars de plus; Le bon, la brute et le truand.

Il était une fois dans l'Ouest; Il était une fois la révolution
Il était une fois dans l'Ouest; Il était une fois la révolution.

Cependant, une véritable flopée de films plus ou moins bons arrivent sur le marché et mettent en scène des héros tels que Ringo, Django, Djurado, Sartana, Trinita, Sabata, Keoma. Quelques noms doivent quand même être cités : Duccio Tessari, Tonino Valerii, Sergio Corbucci, Sergio Sollina.

La plupart des acteurs viennent des séries B américaines ou sont des italiens ayant pris un pseudonyme américain. Le plus célèbre d'entre eux est Clint Eastwood.

Caractéristiques :

  • Détournement des archétypes du western traditionnel
  • Démystification de l'Ouest
  • Absence de moralité
  • Violence proche du sadisme
  • Héros médiocres
  • Style : ralentis, gros plans, musiques lascinantes.

D. Le Film d'épouvante

Concernant ce genre, les années 1960 ont vu une véritable école italienne naître avec des films comme Le masque du démon de Mario Bava (1960), L'effroyable secret du docteur Hitchcock (1962) de Riccardo Freda, Le spectre du professeur Hitchcock (1963) de Riccardo Freda. Le genre s'est bien développé dans les années 1970 avec des réalisateurs comme Dario Argento.

Le masque du démon
Le masque du démon

E. Cinéma populaire

Les films de cape et épée ont le vent en poupe dans les années 1960 avec des films comme : La sette spade del vendicatore (1963) de Riccardo Freda ou I cento cavalieri (1965) de Vittorio Cottafavi.

C'est aussi le cas des films policiers aux connotations politiques avec les films de Carlo Lizzani Svegliati e uccidi (1966) , Banditi a Milano (1968), Torino nera (1972); des films d'anticipation avec La dixième victime d'Elio Petri (1965).

La dixième victime
La dixième victime

Les années 1960 voient naître un nouveau genre : les films érotiques. Certains mettent en avant l'observation des moeurs, d'autres profitent de la libération sexuelle tant attendue. C'est aussi pour cette raison que le genre se montre particulièrement prolifique. Voici quelques films marquants de ce genre : Grazie zia (1968), Malizia (1973), Scandalo (1976) de Salvatore Samperi.

Salvatore Samperi

Les Années 1970

I. Contexte

Les années 1970 sont caractérisées par une nouvelle source de concurrence : la télévision qui fleurit rapidement avec quelques 76 chaînes privées et la RAI qui change de politique d'investissement. La concurrence des films étrangers est aussi très importante. Ceci entraîne une baisse de la production cinématographique italienne, une baisse de la fréquentation des salles. De plus, de nombreux cinéastes italiens disparaissent dans les années 1970 et la relève italienne ne semble pas vraiment assurée. L'on notera tout de même trois films marquants : Corpo d'amore de Fabio Capri (1973), Je suis un autarcique de Nanni Moretti (1976), Berlinguer ti voglio bene (1977) de Giuseppe Bertolucci.

Les années 1970 sont aussi marquées par des années noires. En effet, ces années sont même surnommées les Années de Plomb. La stratégie de la tension est bien présente lors de cette période trouble. Une forte tension est palpable que ce soit dans le pays ou au cinéma. Les années 1970 sont ainsi marquées par des attentats commis d'une part par les Brigades Rouges et d'une autre part par l'extrême droite. Bref, les années 1970 sont marquées par la politique et sa corruption.

Quelques évènements tragiquement marquants : les attentats de la banque de l'agriculture à Milan en 1969, les attentats de Bologne en 1980, l'assassinat du président du conseil Aldo Moro en 1978.

La mafia, les attentats, la corruption du pouvoir, et le Mezzogiorno (c'est à dire le décalage entre le Nord industrialisé et le Sud où règnent tous les trafics) sont autant de thèmes imprégnant profondément le cinéma italien des années 1970 à 1980.

II. Les genres

1. L'apogée du cinéma politique

Le pays est marqué par une série d'attentats commencée en 1969 (la banque de l'agriculture à Milan) et qui s'étend jusqu'en 1980 avec les attentats de Bologne qui ont fait 85 morts.

Diverses questions sont exploitées. Francesco Rosi s'intéresse à la mafia et aux rapports étroits entre le milieu politique et le milieu des affaires avec Lucky Luciano en 1973, au problème du pouvoir personnel avec L'affaire Mattei en 1972 et à la question de la survie d'un Etat de droit avec Cadavres Exquis en 1976. Le réalisateur s'intéresse aussi au fascisme avec Le Christ s'est arrêté à Eboli (1979).

Le Christ s'est arrêté à Eboli

Bernardo Bertolucci se penche sur la nature du fascisme avec La stratégie de l'araignée (1970), Le conformisme (1971).

La stratégie de l'araignée
La stratégie de l'araignée

Elio Petri dresse un portrait en 1976 avec Todo Modo un portrait apocalytique de la dégénérescence du pouvoir chrétien démocrate. Ce film met en avant les méthodes policières, l'exploitation des ouvriers, l'importance et la fonction de l'argent dans la société, et les pratiques douteuses du pouvoir. Elio Petri signe même un triptyque politique : Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon (1970), La classe ouvrière va au paradis (1971), La proprièté n'est plus le vol (1973).

Todo Modo
Todo Modo

Francesco Maselli s'interroge sur la politique du parti communiste avec Le soupçon en 1975.

Les frères Taviani s'interrogent sur les stratégies révolutionnaires en place avec Saint-Michel avait un coq (1975) et Allonsanfan (1974). Ils signent en 1977 Padre Padrone, un film montrant l'ascension sociale vue comme une provocation du monde rural d'un berger devenu un professeur de linguistique. L'Arbre aux sabots que Olmi réalise en 1978 a de nombreux points communs avec Padre Padrone des frères Taviani. En effet, ces films ont pour décor le monde paysan, sont produits avec un petit budget et par la RAI. De plus, les acteurs sont des non-professionnels et les dialectes italiens sont utilisés dans ces films.

Damiano Damiani signe aussi quelques films intéressants : Confession d'un commissaire de police au procureur de la République (1971), Nous sommes tous en liberté provisoire (1972), Perché si uccide un magistrato (1975), Io ho paura (1977).

Le cinéma politique s'intéresse aussi aux problèmes liés à l'économie et à l'industrie : La classe ouvrière va au paradis d'Elio Petri (1971), La proprièté, c'est plus le vol d'Elio Petri (1973). Dans ces deux films, Elio Petri s'intéresse tout particulièrement aux névroses engendrées par la productivité industrielle et par l'accumulation capitaliste.

Elio Petri

Le genre s'essoufle assez rapidement car il parvient pas à affronter le terrorisme. Cependant, les années de plomb sont tout de même évoquées au début des années 1980 avec des films comme Maudits, je vous aimerai de Marco Tullio Giordana (1980), Colpire al cuore de Gianni Amelio (1983), Segreti segreti de Giuseppe Bertolucci (1984).

2. Comédie à l'italienne

Les genres les plus appréciés dans les années 1960 s'essouflent peu à peu, parmi eux la comédie et le western.

Malgré un essouflement dans les années 1970, les comédies restent nombreuses. Dino Risi ( La femme du prêtre en 1970, Au nom du peuple italien en 1970, Rapt à l'italienne en 1973, Dernier amour en 1978); Mario Monicelli (Nous voulons les colonels en 1973, Mes chers amis en 1975, Un bourgeois tout petit petit en 1977.) et Luigi Comencini ( L'argent de la vieille en 1972, Qui a tué le chat ? en 1977, Le grand embouteillage en 1978.) continuent à faire des comédies à l'humour assez noir. Ettore Scola s'affirme dans les années 1970 et devient l'un des spécialistes de la comédie (Affreux, sales et méchants en 1976).

Quelques autres films importants :

Alberto Lattuada : Venez donc prendre le café chez nous en 1970

Franco Brusati Pain et chocolat en 1974

Nanni Loy : Café express en 1979

3. Le film d'épouvante

Né dans les années 1960, le film d'épouvante se développe dans les années 1970 en partie grâce à Dario Argento, qui devient un peu le maître du genre . Il signe ainsi : L'uccello dalle piume di cristallo en 1970, Quattro mosche di velluto grigio en 1972, Profondo rosso en 1975, Suspiria en 1977, Inferno en 1979, Tenebre en 1982 et Phenomena en 1985.

Suspiria
Suspiria

Phenomena
Phenomena

Quelques autres réalisateurs contribuent au genre, comme Lucio Fulci avec Una lucertola con la pelle di donna en 1971, L'aldita en 1981. Pupi Avati a même débuté avec ce genre en réalisant : Balsamus l'uomo di Satana en 1969, Thomas gli indemoniati en 1971, et La casa dalle finestre che ridono en 1976.

Le genre verra quelques autres films naître dans les années 1980 et 1990 mais avec beaucoup plus de parcimonie : Demonia de Lucio Fulci en 1991; Deliria en 1987, La chiesa en 1989, La setta en 1990 de Michele Soavi.

III. Les cinéastes

  • Pier Paolo Pasolini, dit le poète maudit avait de nombreuses inspirations diverses : Euripide, Boccace, le poète Chaucer, la littérature arabe et le Marquis De Sade. Le réalisateur s'intéresse à diverses époques telles que l'Antiquité, le Moyen-Âge, et l'époque contemporaine qu'il transpose dans ses films.

Il réalise "la trilogie de vie" avec Le Décaméron en 1971, Les Contes de Canterbury en 1972 et Les Mille et une nuits en 1974. Il réalise son dernier film Salo, sans aucun doute l'un de ses films les plus polémiques en 1974.

Il ne faut pas oublier que Pasolini n'était pas seulement un cinéaste, il était aussi un écrivain, un scénariste et un poète extrêmement prolifique en signant quelques 24 films en seulement 13 ans de carrière. En effet, Pasolini, qui a toujours suscité de vifs débats, est assassiné en 1975. Les circonstances de sa mort sont encore floues même aujourd'hui.

Pier Paolo Pasolini

  • Visconti se concentre sur des oeuvres intimes dans les années 1970 : Mort à Venise (1971), Violence et Passion (1974)

Il réalise aussi une fresque historique conséquente : Ludwig ou le crépuscule des dieux en 1973

Sa disparition prématurée en 1976 laisse un certain vide dans le cinéma italien.

  • Fellini se concentre sur une Italie venue tout droit de ses fantasmes: Roma (1972), Amarcord (1973), La cité des femmes (1980). Il signe aussi une reconstitution historique avec Casanova en 1976. Il réalise également des films à partir de ses expériences personnelles: Les clowns (1970), Répétition d'orchestre (1978).

Casanova

  • Roberto Rossellini ne réalise que deux films dans les années 1970 : L'An un en 1974, et Le Messie en 1975; car il préfère tourner pour la télévision.
  • Ettore Scola a débuté sa carrière en 1960, il s'affirme dans les années 1970 avec Drame de la jalousie en 1970, Nous nous sommes tant aimés en 1974, Une journée particulière en 1977. Il devient aussi l'un des spécialistes de la comédie.

Nous nous sommes tant aimés

Comme nous l'avons déjà mentionné, de nombreux grands réalisateurs décèdent dans les années 1970 : De Sica meurt en 1974, Visconti en 1976, Rossellini en 1977, Germi en 1974, et Pasolini en 1975.

Erin

Bibliographie :

  • Atlas du cinéma André A Labarrère avec la collaboration d'Olivier Labarrère La Pochotèque Le livre de poche Encyclopédies d'Aujourd'hui 2002
  • Le cinéma italien : classiques, chefs-d'oeuvre et découvertes de Jean A Gili, Cinéma Editions de la Martinière 1996
  • Cinéma : La grande histoire du 7ème Art de Laurent Delmas et de Jean-Claude Lamy Larousse 2008