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[Film] 9 mois ferme, analyse et critique !

Analyse et critique du film 9 mois ferme d’Albert Duponteil

Une comédie noire jetable, agréable à la foule, qui tire son rire de la perforation caricaturale des pomposities du système judiciaire français, 9 Month Ferme n’a pas plus d’ambitions que de faire rire, et surtout elle réussit. Un casting solide, beaucoup d’attention aux visuels et un sens de l’humour peu sophistiqué sont les marques distinctives de la suite d’Albert Dupontel à The Villain. Il y a là un certain potentiel de remake, mais seul le germe de l’idée pourrait être transplanté avec succès ; une présentation décente à la maison après sa sortie le 16 octobre sera probablement suivie de projections limitées dans les territoires francophones.

Ariane Felder (Sandrine Kimberlain) est une juge de tribunal coincée, ambitieuse, célibataire et provocante (« les enfants jouent une tragédie écrite par leurs parents »), qui se fait entraîner, sans le vouloir, dans une fête du Nouvel An. Six mois plus tard, Ariane est enceinte sans savoir comment et qui est responsable. Soupçonnant son collègue Godfrey (Philippe Uchan), Ariane lui arrache une bosse de la tête avec un club de golf pour tester son ADN, le premier d’une série de gags impliquant des objets lourds et le malheureux Godfrey.

Les caméras de surveillance finissent par révéler, dans une belle scène comique où Bouli Lanners apparaît à guichet unique, qu’Ariane a couché la nuit en question avec Bob Nolan (réalisateur Dupontel), un criminel à l’esprit lent connu sous le nom de Gobeleur des yeux. Finalement, Ariane et Nolan se retrouvent enfermés ensemble dans son appartement, avec lui menaçant de révéler la vérité à moins qu’elle n’accepte de le défendre dans sa prochaine affaire judiciaire.

Ce n’est pas subtil. Une grande partie de la comédie est basée sur le gore ou de mauvais goût (voir Nicolas Marie comme l’avocat désespéré et bégayant de Nolan ou une scène particulièrement sanglante mettant en scène un médecin légiste à la main de fer), et bien que le film ait plusieurs cibles, principalement les hypocrisies des systèmes juridiques français, ses flèches ne sont jamais barrées.

D’un point de vue visuel, c’est comme Amélie sous stéroïdes, car pendant la première demi-heure, la caméra balaie, fait des cercles, des zooms et des panoramiques comme si elle avait peur de s’arrêter un instant pour chercher le prochain indicateur de vue. Mais il y a aussi beaucoup d’esprit visuel gratifiant : une séquence de flashback montrant l’attaque supposée de Nolan sur un vieil homme se fait en douceur, tout comme la supercherie informatique impliquant des lectures d’ADN : techniquement, c’est un jeu très réussi.

La distribution, également nécessaire pour la jouer dans l’esprit de Tex Avery, est en grande partie reprise de The Villain, dans lequel l’acteur a utilisé ses propres traits de caméléon – son visage peut passer en un instant du charme menaçant au charme scintillant des yeux – pour un effet tout aussi bon. Ici, le compteur à jambon est tourné à fond, car les personnages qui, dans certains cas, semblent avoir été choisis sur la base de leurs caractéristiques caoutchouteuses, livrent la marchandise comme il se doit.

Terry Gilliam, dont l’œuvre Stretch emprunte beaucoup de ses repères visuels, sans l’obscurité morale de Gilliam – une scène met en vedette un arrachement de membres qui est du pur Python – apparaît comme un psychopathe derrière les barres. Jean Dujardin (rôle principal acclamé dans L’Artiste) est aussi brièvement camée en tant que traducteur.

Production : Wild Bunch, France 2 Cinéma
Cast : Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marie, Philippe Uchan, Bouli Lanners, Christian Hecq
Réalisateur, scénariste : Albert Dupontel
Producteur : Catherine Bozorgan
Directeur de la photographie : Vincent Mathias
Concepteur de production : Pierre Queffelean
Créatrice de costumes : Mimi Lempicka
Rédacteur en chef : Christophe Pinel
Musique : Christophe Julien
Ventes : Elle Driver
Pas de note, 82 minutes

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