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Django Unchained de Tarantino – Analyse et critique

Django Unchained est un film particulier. Il pointe les orteils le long d’une ligne fine entre une exploitation vigoureuse et une exploitation douce et subtile.

Parfois, on a l’impression de se battre pour décider de quel genre de film il s’agit. Se veut-il un hommage aux films occidentaux classiques et sudistes d’avant la guerre ou préférerait-il s’imprégner des références de la modernité et de la culture pop comme dans la plupart des films de Tarantino ?

Alors que les deux tons du film entrent en collision et tentent d’atteindre un équilibre, les rôles des personnages sont mis en mouvement. Qui est le personnage principal ? Quelle histoire est la plus importante, Schultz ou Django ?

Le film parle des deux héros et parvient à intégrer deux voyages de héros dans son récit. Et avant que vous ne lisiez la suite, faites attention, il y a du spoil !

Django Unchained – Analyse et critique du film

Avant de commencer, permettez-moi d’expliquer ce qu’est vraiment le « voyage du héros ». Le parcours d’un héros est centré sur un individu choisi, conventionnellement moyen, qui doit passer par une série d’épreuves et atteindre un point de transcendance (ou d’évolution).

Le générique d’ouverture présente un esclave opprimé marchant en avant vers l’accord de quelqu’un d’autre, mais la musique rugissante, presque incitative en arrière-plan fait valoir que le héros « Django » est sous cet individu. Vous voyez, c’est ici que commence la dissonance du film. Et cette dissonance est à l’origine du clivage entre les trois histoires.

L’histoire de Django Unchained est divisée en trois actes : Django’s Revenge, Schultz’s Journey, et Django’s Journey.

Encore une fois, ces ruptures dans l’histoire sont causées par les tons contrastés du film. Le premier acte se termine lorsque Django tue les trois frères, et l’acte de Schultz commence lorsqu’ils rencontrent Candie. Le changement de ton de Django et de Schultz est révélateur du décalage entre les histoires de Django et celles de Schultz. Les histoires de Django sont plus des histoires de camp, résultant en des vers comme « J’aime la façon dont tu meurs garçon », la violence presque caricaturale (comme on le voit dans les deux fusillades de Django, encore plus pendant la finale), et le fait que « Big Daddy » existe. Les tons de Schultz sont beaucoup plus graphiques avec les combats mandingues, et l’esclave est déchiré par les chiens.

Ce décalage graphique entre les types de violence nous donne un aperçu de la mystérieuse « personnalité » de Schultz. Puisqu’il nous a donné l’idée des personnages, à qui dire qu’il n’en avait pas adopté un pendant toute la durée du film ? Quelle part de lui-même a-t-il vraiment révélée à Django ? Ce mystère alimente le reste du récit.

Juste après le visuel juxtaposé de Django, nous avons l’énigmatique introduction du Dr King Schultz. Le Dr Schultz contrôle automatiquement l’histoire à partir de ce moment. Il attire l’attention du spectateur (ce qui est sans doute attribué à la performance de Waltz (pour laquelle il a reçu une médaille d’argent)), commande la direction de l’histoire (il est le superviseur et donne l’exposition), et prend Django comme son « esclave » / partenaire comme une représentation physique de ce contrôle. C’est pour faire savoir au spectateur que nous ne sommes plus dans l’histoire de Django, nous sommes dans celle de Schultz. L’histoire de Schultz est le résultat de la dissonance subtile de l’histoire, donc son voyage est subtil. C’est purement métaphysique.

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